La position de Libre Forêt sur les incendies de forêts

Par LIBRE FORET

Jean-François PETIT

Les incendies de forêts ont toujours existé, depuis la nuit des temps. Certaines forêts et espèces végétales nécessitent le passage du feu pour germer ou se reproduire, ces espèces sont dites pyrophiles (ciste, arbousiers, séquoia par ex). D’autres arbres résistent bien au passage du feu, cela étant possible grâce à leurs feuilles très coriaces (chêne liège, chêne vert etc), ce sont les sclérophytes.


Depuis peu, les incendies de forêts se multiplient et sont de plus en plus puissants, on les appelle même des méga-feux. Plus de 92% d’entre eux sont d’origine anthropique, souvent liée à la négligence humaine, les autres étant d’origine naturelle.
Notre association désire montrer que ces incendies ne sont pas forcément inéluctables et que le bouc émissaire n’est pas celui que l’on veut nous faire croire.


L’origine des feux en France est multi-causale, voici la liste non exhaustive des causes : les mégots, l’insouciance, les barbecues, les étincelles générées par du matériel agricole et forestier, les pyromanes, les incendiaires etc.… et plus généralement l’inattention et la méconnaissance des méfaits induits.
Pour contrer ces problèmes, un gros effort pédagogique doit être fait sur ces aspects et bien entendu un travail de fond doit être réalisé en mettant en parallèle les devoirs de chacun et les risques encourus personnellement et pour l’ensemble du vivant.


Il faut sensibiliser nos concitoyens tout au long de l’année et pas seulement lorsque le risque maximum est là.
En France, les incendies de 2022 ont essentiellement ravagé des espaces forestiers où le pin maritime est roi. La forêt de Gascogne est très rentable car jusque-là relativement préservée des incendies (sauf en 1949 où 52000 ha ont brûlé).
Ce type de forêt artificialisée, aménagée et récente, créée de toutes pièces, est rendue très vulnérable face aux risques naturels de type tempête ou incendie. En effet, les arbres ont tous le même âge, la même taille et il n’y a pas de sous-bois ni d’essences feuillues qui ralentiraient la vitesse de propagation du feu. Le pin, et les résineux en général, s’enflamment très facilement, et sont vite transformés en torches grâce aux terpènes contenus dans les aiguilles et à la résine qui attise le feu.


La fréquence des incendies et non leur intensité est le facteur le plus préjudiciable. Quelques mois seulement après le violent incendie de la Teste de Buch, la végétation réapparaissait.


La libre évolution n’est pas forcément source de vulnérabilité, on a vu des incendies être stoppés face à des zones en libre évolution ou ralentir leur progression, comme sur l’île de la Goméra aux Canaries.
Pourquoi ?
Face à des plantations monospécifiques, le feu a de quoi être alimenté. Par contre, face à des essences variées et à de gros arbres (même morts), le feu a moins de carburant utilisable de suite, permettant aux pompiers de travailler dans des circonstances plus favorables puisque le feu ralentit.


Il faut absolument agir sur la prévention, faire plus de campagnes de sensibilisation envers le
public et auprès des travailleurs forestiers, mais aussi contenir le tourisme de masse.


Idéalement, voici les bonnes pratiques en matière de protection :

  • Interdire les constructions anarchiques en tout lieu et à proximité des forêts : il faut donc aussi adapter les politiques publiques via les documents d’urbanisme (SCOT).
  • Aménager des ruptures de combustibles dans les zones à risque en plantant par exemple des feuillus résistants.
  • En période critique, interdire les bivouacs, les barbecues, la cigarette en forêt, ce qui est déjà fait mais de façon peu coercitive.

En résumé, il serait bon d’instaurer un code de bonnes pratiques collectives, afin de faire baisser la vulnérabilité des forêts face aux feux.
Il est nécessaire aussi de préserver des espaces de la sur-fréquentation, et d’assurer l’entretien aux abords de sa maison lorsqu’il y a interface forêt-habitat.
Pour conclure, changeons notre rapport à la nature en arrêtant de penser l’homme au centre du monde comme maître absolu.
Et revenons à des concepts terre à terre : la nature doit rester au centre de nos préoccupations.