UNE SEULE SANTÉ (ONE HEALTH)

Par LIBRE FORET

Jean-François PETIT

Le concept One Health émerge dans les années 2000, dans la continuité des travaux de l’Américain Calvin W. Schwabe qui, dès 1984, introduit l’idée d’« une seule médecine ». Son approche met en lumière l’interdépendance évidente entre la santé animale et la santé humaine, même si elle laisse alors de côté le monde végétal.

Une quinzaine d’années plus tard, One Health élargit cette vision et propose une approche globale du vivant : du végétal à l’animal, du plus petit organisme au plus grand. Cette perspective s’impose dans un contexte marqué par l’augmentation des maladies infectieuses et par l’émergence probable de pathogènes libérés par la fonte du permafrost — bactéries et autres agents dormants réactivés par le changement climatique.

Le principe est simple : notre santé dépend directement de celle de tous les êtres vivants qui nous entourent, et cette santé globale doit être préservée au plus haut niveau.

Deux exemples pour comprendre ce qui est en jeu

1. Antibiotiques en élevage conventionnel

Les animaux d’élevage (vaches, porcs, volailles, saumons, etc.) reçoivent régulièrement des antibiotiques. Cette pratique favorise l’apparition d’antibiorésistances qui touchent ensuite les humains comme les autres mammifères.

2. Ivermectine et disparition des insectes coprophages

En agriculture conventionnelle, la prophylaxie des parasites gastro-intestinaux chez les ruminants repose largement sur l’ivermectine. Or cet antiparasitaire agit aussi comme un insecticide : les insectes coprophages — coléoptères ou diptères — disparaissent. Résultat : les bouses de vaches en montagne ne se décomposent plus et persistent des années durant. Ce phénomène entraîne la disparition progressive des bousiers dans tous nos massifs.

Ces exemples, parmi d’autres, montrent clairement l’impact de nos pratiques sur l’ensemble du vivant.

Agir pour une santé commune

Pour que la santé des animaux domestiques, des écosystèmes et de l’ensemble du vivant soit préservée, il est urgent de changer de cap. L’effondrement actuel des populations d’oiseaux et d’insectes, directement lié aux activités humaines, en est la preuve alarmante.

Unissons nos forces pour inverser cette tendance.

Faisons entendre un message fort à nos gouvernants : des associations comme la nôtre, qui protègent les habitats et leurs habitants, participent déjà à l’effort collectif indispensable pour construire un monde où le mot d’ordre est “une seule santé”.

Une nouvelle pétition contre la loi Duplomb 2 est en ligne et a déjà recueilli près de 400 000 signatures.

https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-5103