Mot barbare du grec dendron (= arbre), micro (= petit) et habitat, les dendromicrohabitats abritent faune, mousses, lichens, champignons, insectes et autres micro-organismes. Ces habitats sont indispensables à des milliers d’espèces souvent spécifiques. On en recense 521 types, sur et dans les arbres vivants ou morts. Ce premier épisode est consacré aux dendrotelmes et aux loges de pics.
Les dendrotelmes
Les dendrotelmes (du grec telme = mare) sont des cavités de l’arbre remplies d’eau temporairement. Leurs parois sont faites de bois en décomposition ou de bourrelets cicatrisants, en haut ou en bas de l’arbre.
L’eau contenue a des caractéristiques physicochimiques très particulières qui expliquent que très peu d’organismes sont capables de coloniser ces milieux. Ils sont utilisés par les oiseaux, les batraciens et une quinzaine d’espèces d’insectes y vivent (la moitié leur est spécifique). Leur nombre peut varier considérablement d’une forêt à l’autre et peuvent représenter jusqu’à 45 litres d’eau potentiels suspendus en l’air ou en réserve à la base.

Un dendrotelme au pied d’une hêtre. Photo : Jean-Marc Colin.
Les loges de pics
Les pics sont des espèces cavicoles qui creusent leurs loges pour la reproduction, s’abriter en cas d’intempéries ou pour y passer la nuit. Le volume d’une loge peut aller de 1 litre pour le pic épeichette à 15 litres pour le pic noir. Seuls les pics creusent les loges. D’autres oiseaux cavicoles, incapables de creuser des cavités eux-mêmes, les utilisent également : ce sont des occupants secondaires (chouette, étourneau, mésange, sittelle, pigeon colombin, voire certains canards).

- Bütler, Lachat, Krumm, Kraus & Larrieu, Guide de poche des dendromicrohabitats (WSL, 2020). https://www.wsl.ch/fr/publications/guide-de-poche-des-dendromicrohabitats/ ↩︎






