Dans ce nouvel épisode de notre feuilleton consacré aux dendromicrohabitats, nous nous pencherons sur les structures épiphytiques et épixyliques, soit les mousses, les lichens, le lierre et le gui.
Définitions
Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici quelques éclaircissements. Sont dits « épiphytes »1 des organismes (plantes, algues, bactéries, champignons lichénisés) qui poussent en se servant des autres plantes comme support. Est dit “épixyle”2 tout ce qui croît sur le bois. Les espèces épixyliques (mousses et lichens) font leur propre photosynthèse et ne se servent pas de la plante hôte comme source d’énergie.
Les bryophytes

Les bryophytes, des mousses ou des hépatiques, sont des organismes n’ayant ni système vasculaire, ni fleur, ni racine et ne se servent pas de la plante hôte, hormis comme support. Ils sont considérés comme des dendromicrohabitats à condition qu’ils couvrent plus de 10 % du tronc de l’arbre hôte. On y trouvera les espèces associées tels que papillons, gastéropodes, lichens, coléoptères et oiseaux. Ces mousses s’installent dans des espaces gérés ou en libre évolution et leur croissance est assez rapide.
Les lichens foliacés et fruticuleux

Les lichens foliacés (qui forment des lobes), ou fruticuleux (qui forment des “buissons”), couvrent au moins 10 % du tronc et ont une épaisseur supérieure ou égale à 1 cm. Contrairement aux bryophytes, en raison de leur petite taille et de leur croissance lente, les lichens doivent se frayer une place peu propice aux autres plantes afin de ne pas être exclus par la concurrence.
Certains champignons ne peuvent pousser que sur des lichens épiphytes. On y trouvera les espèces associées suivantes : les papillons, les coléoptères, les arthropodes prédateurs ou araignées et des gastéropodes.
Le lierre et les lianes

Ce sont les lianes ou phanérogames grimpants, comme le lierre, la clématite ou encore le chèvrefeuille. Les lianes sont des plantes grimpantes herbacées ou ligneuses à la tige particulièrement souple qui utilise d’autres végétaux comme les arbres mais aussi d’autres supports verticaux, afin de monter vers la canopée bénéficiant d’un meilleur ensoleillement. Elles couvrent la surface du tronc. Comme pour les bryophytes et les lichens, au moins 10 % du tronc doit être couvert.
Les espèces associées sont les coléoptères, hyménoptères, oiseaux, champignons et mustélidés. À noter, le lierre fournit en automne du pollen pour les abeilles, et ses fruits en hiver pour les oiseaux. Le pigeon ramier et les grives en raffolent3.
Le gui

Plante épiphyte et hémiparasitaire4 poussant généralement dans la canopée, pour être comptabilisé comme dendromicrohabitat, la taille de la structure doit être supérieure à 20 cm de diamètre. On connaît huit espèces d’insectes en Europe strictement inféodés au Gui européen (Viscum album). Ses fruits sont appréciés par certains oiseaux en hiver. Les espèces associées au gui sont les fourmis, les coléoptères, les papillons et les oiseaux.
- Épiphyte : du grec épi (= sur) et phyte (= plante). ↩︎
- Épixyle : du grec épi (=sur) et xyle (= bois). ↩︎
- Pour aller plus loin, voir les numéros 106 et 107 de La Hulotte consacrés au lierre. ↩︎
- Hémiparasite : du grec hémi (= à moitié). En effet, le gui n’est qu’un « demi » parasite : il ne prélève que la sève brute de l’arbre sur lequel il est installé, fabriquant lui-même sa propre sève élaborée par photosynthèse. ↩︎






